Rencontre avec Balint Magyar

Vendredi 13 mars 2015 – Rencontre avec Balint Magyar

Notre journée d’entretiens a commencé par une entrevue avec Balint Magyar. Membre du parti SZDSZ, dont il a aussi été président, et membre fondateur de l’Alliance des Démocrates libres, il a été ministre de l’Education dans deux gouvernements, de 1996 à 1998 et de 2002 à 2006. Il est l’éditeur du recueil d’articles « La pieuvre hongroise », que nous souhaiterions faire traduire en français. Deux volumes sont déjà parus. Il y a eu 15 000 exemplaires vendus en 2013 pour le premier volume, ce qui est très important pour un ouvrage de ce type, et 7 000 pour le second volume, sorti en 2014.

Cet essai structuraliste a pour but de démontrer le caractère mafieux du régime mis en place par Victor Orbán et le Fidesz. Balínt Magyar nous a exposé son hypothèse et sa position sur le Fidesz.

L’Etat mafieux est une sorte de modèle de clientélisme, inspiré du modèle du pater familias de la Rome antique. Le pater familias, ou même le parrain, exerce un véritable pouvoir sur ses subalternes. Il demande de l’argent à ses clients pour les protéger. L’Etat mafieux n’est pas pour autant une kleptocratie car il n’est pas basé sur du vol ou des réquisitions, mais sur des solidarités très fortes de type familial, qui protègent tous ceux qui ne trahissent pas.

Balínt Magyar nous a expliqué en quoi consistait un Etat mafieux. Une des conditions principales de son existence c’est le monopole politique. Les dirigeants peuvent faire réécrire la Constitution et mettre leurs pions à la tête de toutes les institutions. Les règles d’attribution des appels d’offres ont été changées, la compétition a été abolie, il n’y a plus qu’un seul candidat à la botte de l’Etat. La corruption est centralisée, il existe un véritable monopole du gouvernement (pour les taxes par exemple), et les oligarques sont subordonnés. Orbán cherche aussi à renvoyer une certaine proximité avec le peuple, il partage des traditions avec eux. Il est un peu comme le chef de famille du modèle du pater familias

Plusieurs catégories d’acteurs entretiennent le modèle d’Etat mafieux. Les polygarques en premier lieu, qui ont un pouvoir politique visible et un pouvoir économique invisible. L’ancien allié d’Orbán, Simicska, avec qui il s’oppose maintenant, contrôlait beaucoup les relations économiques. Ensuite nous avons les oligarques traditionnels (J’ai pas trop d’infos sur cette catégorie).Une troisième catégorie serait l’homme de paille ou « strawman » en anglais, qui sert d’intermédiaire et n’a pas du tout d’autorité politique. La dernière catégorie regroupe des « corruption brokers », souvent des avocats, qui savent détourner le droit pour aller dans telle ou telle direction. Ce sont des courtiers en corruption, ils savent dans quel cadre juridique poser l’action pour qu’elle soit inopposable et rentre dans l’esprit mafieux.

Les décisions politiques ne sont pas prises dans le parti (le président du Fidesz ne décide rien), ou par le gouvernement). Elles sont prises par une sorte de Politbureau (comme au temps du communisme), appelé « bureau de la pieuvre » par Balínt Magyar. Des personnes qui n’ont pas de position officielle, voire même de travail, y ont une influence très forte.

Cette structure d’Etat mafieux que nous a longuement décrite Balínt Magyar, peut être utilisée par les fascistes comme les communistes.

La Hongrie est le seul Etat mafieux de l’Union européenne, et dans les pays proches on peut citer la Russie, l’Azerbaïdjan, la Macédoine et le Monténégro.

Balínt Magyar nous a aussi parlé de l’opposition au Fidesz qui n’est pas très bien structurée et pas assez solide. Il y a une véritable demande pour qu’il y ait une opposition, mais il y a peu d’offre. Lors des élections, on note une très faible participation des populations rurales (15% lors de la dernière législative partielle en début d’année). Il n’est pas possible de battre le Fidesz sans un centre unifié et solide. Dernier point, Balínt Magyar n’a pas semblé très conscient du risque que peut représenter le Jobbik.

Il a conclu l’entretien en nous disant qu’il serait prêt à venir en France pour faire du plaidoyer sur la Hongrie.

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Rencontre avec Daniel Oross, responsable jeune du PM

Rencontre du samedi 14 mars  – Daniel OROSS

                  Daniel OROSS, politologue hongrois, travaille actuellement a l’université de Lausanne est militant activiste au PM. Il est venu présenter sa vision de la scène politique hongroise. Il revient sur l’histoire de l’opposition, analyse la politique de Viktor Orbàn et présente ses espoirs pour l’avenir.

                  En 2009, un réseau d’intellectuels fonde, sur des inspirations écologistes, le LMP (Lehet mas a politika). Il fait son entrée au Parlement en 2010. Face a la nécessité de transformation du système politique hongrois, le LMP propose de nouvelles idées. Cependant, il n’y a pas d’espace pour la nouveauté politique en Hongrie. En cause, une majorité qui ne permet pas a l’opposition de participer (263 députés détenus par le FIDESZ). La scission entre le LMP et le PM s’opère en 2012 entre une branche plus institutionnelle -LMP- et une autre plus militante -PM. Ainsi, le symbole du LMP existe toujours aujourd’hui, mais il a perdu son dynamisme. Le LMP a refuse de se prononcer en faveur du FIDESZ ou de l’opposition lors des dernieres élections. Le PM, petite fraction de l’ancien LMP, a quant a lui fait le choix de l’opposition dans le champs politique. Il fait partie de la coalition Ensemble 2014 (Egyupt 2014) autour de l’ancien Premier ministre Gordon Bajnai, seule liste d’opposition lors des Législatives 2014. Aujourd’hui le PM détient un siège au Parlement.

                  Avant 2010, selon lui, il y avait une diversité politique en Hongrie, une partocratie. Depuis, ce concept a évolué. Un seul parti définit les règles du jeu, un parti qui domine sur de petits partis, tous les autres. Le peuple n’a jamais vraiment eu le droit a la parole, la démocratie n’a pas de base solide en Hongrie. Ainsi, en plus d’en finir avec la crise de la démocratie, il est nécessaire d’accompagner la transition des mentalités pour que Hongrois et Hongroises prennent conscience de l’importance de leur parole. Or, le LMP avait de bonnes idées pour dynamiser la population, une action visible et forte. Pour séduire, il indique que le PM doit donc s’appuyer sur une nouvelle stratégie, différente de la politique institutionnelle menée par le LMP -et largement amputée de ses ressources par la pression du FIDESZ. Ainsi, ils font des actions de terrain pour convaincre notamment de la nécessite d’instaurer un revenu minimum de subsistance. Pour stopper la dégradation de la société et la hausse de la pauvreté, le PM estime qu’il faut changer de méthode. Les discours gouvernementaux stigmatisent les pauvres (de même que les travaux d’interêt general imposes par Orban), et les accusent d’être les grands responsables de la situation actuelle du pays. Cela change avec le PM et le revenu universel -absent tant dans les médias que dans les paroles du FIDESZ. Leurs actions ne doivent pas laisser de côte les régions pauvres a l’est et au sud de la Hongrie, pas plus que les petits villages, lieux ou les extrémismes sont fortement implantés.

                  Mais cette nouvelle stratégie a t-elle profite au PM? Avec de moins en moins de revenus les ONGs écologistes ou environnementales sont affaiblies. Désormais, le PM ouvre ses portes a gauche et attire les électeurs de gauche. Au niveau des municipalités, il y a de plus en plus de coopération entre Socialistes et PM. Cependant, le rapport de force entre PM et Socialistes est difficile a établir car ces derniers sont fragmentés et divises. Aussi, les scandales politiques de la période 2004-2009, gouvernement Gyurcsany, et la crise de l’enregistrement de 2006 font que le PM est réticent a l’idée de coopérer avec les Socialistes.

                  Qualifier le système politique hongrois aujourd’hui est difficile. Le FIDESZ domine largement la scène politique, le gouvernement exerce un contrôle total des médias, le système ne garantit pas la transparence. Les limites fixées par l’UE ont été franchies et les valeurs européennes semblent oubliées. Malgré tout, Daniel OROSS refuse de parler de dictature, trop connote régime mafieux. Confrontée a une dictature, la population se sent impuissante et reste immobile la ou l’objectif du PM est l’activisme. « Pour mobiliser les gens, il n’est pas trop tard! » dit-il. Et une mobilisation rapide est d’autant plus importante que les scores du JOBBIK progressent. Ce parti politique, plus populiste que le populisme FIDESZ, donne des réponses simplistes aux interrogations et aux craintes des populations, surtout des jeunes et des milieux ruraux. Avec ses financements sûrement clandestins JOBBIK crie, et crie fort. C’est une machine de guerre bien rodée. Contre elle, le PM se mobilise. Et il espère que renaisse la république de Hongrie.

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Rencontre avec l’ONG Hungarian European Society

Vendredi 13 mars – Rencontre avec l’ONG Hungarian European Society.

L’ONG Hungarian European Society que nous avons rencontré agit sous la forme d’un think thank et situe son action sur différents points. Les problèmes politiques, sociaux, économiques ou encore les affaires de l’union européenne et les droits de l’Homme sont les axes principaux de cette structure. Son action de « terrain » se traduit par la participation à des meetings, conférences ainsi que la mise en place d’évènements privés afin de discuter des différents problèmes en Hongrie. Les points clés de sa démarche s’articulent autour d’un contexte de recul démocratique accompagné de changements majeurs dramatiques dans la situation du pays.

La premier problème rencontré s’avère être l’étendue et la portée de leur action. En effet, si la sensibilisation et la mobilisation à ces sujets est plus aisé à Budapest du fait de différents facteurs et notamment le côté très cosmopolite de la ville, elle est bien plus difficile à l’échelle du pays tout entier. L’aspect intellectuel et les mouvements sociaux à Budapest rendent l’action de cette ONG plus ambitieuse tandis que dans un même temps les villages ou les autres villes ont une perception différente. Il est donc plus difficile de partager leur démarche dans ces autres lieux. Toutes ces interrogations nous renvoient à nos propres questionnements quant à l’aide que nous pouvons apporter.

Dans un contexte marqué par la détérioration de la démocratie dans le pays ainsi que la situation des citoyens, la question du rôle de l’Union Européenne et de ses institutions dans le combat face à l’action de ce gouvernement se pose. Cependant, pour eux la vision ne doit pas s’arrêter au seul régime de Victor Orbàn mais plus largement aux mouvements anti-démocratiques dans le pays. La sur-médiatisation de l’extrême droite hongroise rend la tâche délicate.

Les aspirations de la jeunesse et plus largement d’une grande part des citoyens ne cessent de montrer une volonté de changer les choses en continuel déclin. Ce déclin se traduit par une « fuite », de nombreux départs du pays pour « tenter » sa chance dans un autre pays. Pour exemple, Londres compte aujourd’hui 300 000 hongrois. Différentes raisons expliquent ces départs, des raisons économiques mais aussi sociales et politiques.

Malgré une situation compliquée il y à quelques années, les aspirations notamment de la jeunesse étaient de finir l’université et de partir à travers l’Europe. Aujourd’hui la situation a bien changée, et le nombre très réduit d’universités entraîne les jeunes à partir étudier ailleurs. A cela s’ajoute l’absence de futur pour ces jeunes, l’absence d’emplois et de travail malgré les diplômes. Le secteur public très demandé en raison des meilleurs salaires fait face au secteur privé où les salaires sont au contraire très bas. Aux raisons purement économiques s’ajoute un climat politique étouffant avec une perpétuelle pression politique et une absence de débats démocratiques. Se pose alors chez une partie de la population la question de l’intégration de la Hongrie dans l’Europe. Le développement d’un système passif et individuel mène à des perspectives d’avenir peu optimistes pour le pays.

L’idée que la démocratie puisse permettre de répondre à toutes ces interrogations et peurs n’est pas si évidente. Le creuset entre l’époque communiste et le régime d’aujourd’hui participe au fait que les gens n’ont pas la notion de ce que la démocratie peut leur apporter. Pour de nombreuses personnes, un bon gouvernement est un gouvernement qui reste en place ad vitam aeternam et qui n’est pas remplacé.

Sur la question de l’avenir des mouvements progressifs et positifs par le canal d’associations mais surtout des partis de gauche, l’absence de figure de leader, la main mise du régime Orbàn sur les médias publics et l’éducation amène à des perspectives dramatiques qui renforce la détérioration de la situation politique et démocratique hongroise. Les pressions ainsi que les critiques ouvertes émanant de responsables européens à l’encontre de Victor Orbàn s’avèrent pour les gens que nous avons rencontrés, être une solution dans le combat contre ce recul démocratique.

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Rencontre avec le Comité Helsinki

Vendredi 13 mars – Rencontre avec le Comité Helsinki

Nous rencontrions cet après midi, Nora NOVOSZADEK du Comité Helsinki. Nora compte parmi les jeunes avocats anglophones de cette ONG participant à différents programmes de recherche, d’observation, sur les politiques menées notamment sur la protection des demandeurs d’asile et les droits des prisonniers, la nouvelle version de la Constitution hongroise (désormais « Loi fondamentale ») et les autres lois depuis 2010, avec pour objectif, une information des institutions européennes notamment.

Leur expertise est donc celle de professionnels du droit, leur mission, fournir une information la plus juste et la plus claire possible pour être réutilisée par d’autres.

Par le biais de rapports, de défenses de cas individuels, le rôle du comité est d’analyser au regard du droit, les évolutions qu’il observe. Ces dernières, orthogonales aux valeurs de l’Union européenne, sont plus en plus alarmantes depuis 2010 (http://helsinki.hu/wp-content/uploads/Disrespect_for_values-Nov2014.pdf ).

L’action du Comité Helsinki n’est pas d’organiser la contestation, il n’a pas non plus vocation à se perdre en campagne de communication. Mais pour autant leur constat est amer : une absence totale de relais de leurs travaux dans les medias, lesquels sont très largement aux mains du pouvoir en place.

Un débat s’engage sur les leviers dont dispose une ONG pour influencer une politique menée par un gouvernement en place, ainsi que sur sa réelle capacité à « infuser », à organiser la diffusion de ses productions au sein de la population. Pour le Comité, l’histoire récente a montré qu’aussi alarmantes que  soient leurs conclusions, Orbàn a néanmoins été réélu.

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Rencontre avec Lajos Bokros, économiste et dirigeant du parti MoMa

Vendredi 13 mars 2015 – Rencontre avec Lajos Bokros, économiste, ancien ministre des finances hongrois (1995-1996) et dirigeant du parti MoMa

Nous avons pu rencontrer cette après-midi l’économiste Lajos Bokros. Il est surtout connu pour avoir mis en œuvre une série de mesures d’austérité entre 1995 et 1996 appelée le ‘’Pack Bokros’’, au sein du gouvernement de gauche mené par le MSzP (parti socialiste hongrois). Il a ensuite été député européen entre 2009 et 2014 pour le parti MDF (Forum Démocratique Hongrois). Désormais il ne brigue plus de mandat et a formé sont propre parti MoMa, qu’il qualifie de pro-européen et libéro-conservateur.

Son introduction fut nette : ‘’la Hongrie n’est plus un pays libre et démocratique’’

Dans un pays libre et démocratique, un gouvernement est une partie de l’état et d’autres structures indépendantes viennent le contrôler pour former un tout, l’Etat. En Hongrie, ce n’est plus le cas. Seul le secteur judiciaire reste à peu près préservé avec des cours de 1ère et 2nd instance plutôt indépendantes, ce qui semble étonner notre interlocuteur.

Pour la liberté de la presse, c’est tout autre chose.
Les médias internet sont encore indépendants du fait de la difficulté de contrôle de ce réseau. En revanche, les médias papiers sont peu nombreux et sont sous le contrôle du gouvernement ou d’un oligarque proche du pouvoir, hormis quelques hebdomadaires mais qui sont peu lus (1% de la population environ).
La télévision est quant à elle totalement sous le contrôle du gouvernement.
Pour finir, il n’y a pas de garantie institutionnelle sur la liberté de la presse.

La Hongrie n’est plus qu’une façade de démocratie qui se dégrade rapidement.
Selon, M. Bokros, les fondations démocratiques ne peuvent se bâtir en une nuit et elles ont été détruites par l’ère soviétique. De plus, le système communiste totalitaire a renforcé paradoxalement l’individualisme par l’interdiction des réunions et toute forme de solidarité non étatique.
Ensuite, dans les années 90, toutes les institutions pour une vraie démocratie étaient présentes, seulement le peuple ne s’impliquait pas.
De bons exemples sont les gouvernements locaux, les conseils municipaux, etc. qui sont au plus proche des citoyens. Seulement les hongrois n’y prêtent que peu d’intérêt, regardant leur porte monnaie vide et donc regardant vers le gouvernement central d’où l’argent est censé venir.
Un autre exemple concerne l’évasion fiscale qui est devenue ‘’un sport national’’ dans les ex-pays communistes mais surtout les personnes le pratiquant en sont fiers en Hongrie et ne se rendent pas compte de l’intérêt public et démocratique des impôts.
La Hongrie doit retrouver une culture démocratique.
Il faut du temps pour cela et c’est le travail de la nouvelle génération.

Il y a 25 ans, Gorbatchev a donné la liberté aux hongrois sans que ces derniers n’aient besoin de se battre pour l’avoir. Aujourd’hui, le gouvernement détruit la démocratie et les fondements de justice et de liberté. Pour M Bokros, c’est aux hongrois de se battre pour retrouver la liberté afin d’en apprécier sa valeur et pas à l’Europe de faire le travail à leur place. Il ne faut pas de révolution mais un système évoluant et sortant ce régime par les élections en prenant garde également au Jobik.
En revanche, l’Union Européenne peut montrer les contradictions, les disfonctionnements, les mensonges du gouvernement comme par exemple sur le contrat de centrale nucléaire vendue par la Russie, un accord secret qui ne sera surement qu’au bénéfice de la Russie. La Hongrie risque de revenir sous le joug de la Russie.

Pour combattre pour un retour d’un état de droit et démocratique, M Bokros a fondé un nouveau parti qui a aujourd’hui 2 ans d’existence, Moma, parti pour la démocratie et pour l’Europe. Selon lui, l’Union Européenne est importante pour la Hongrie : une garantie pour la paix. L’UE a plus de possibilité de protéger la Hongrie que le gouvernement actuel. C’est pourquoi le drapeau de MoMa représente le drapeau européen au sein du drapeau hongrois.
C’est un long combat d’autant plus que les problèmes constitutionnels n’intéressent pas la majeure partie de la population.

MoMa se considère comme le seul parti conservateur libéral. Pour M Bokros le Fidesz est plus néo-communiste que libéral sur les aspects économiques et concernant le côté social, il est très nationaliste voire comme le Jobik. Ils sont mêmes fiers d’être anti-démocratique.

Mais selon lui, la politique est plus un cercle qu’une ligne.
La première chose pour la Hongrie est de retrouver la démocratie et la justice. Il y a donc nécessité aux partis démocratiques de se réunir pour lutter ensemble. Seulement aujourd’hui, il existe trop de partis ce qui divisent l’opposition. Cela fait partie d’une stratégie du Fidesz et du gouvernement qui créent des partis et les finances via des subventions publiques ou des financements indirects. Pour ces raisons MoMa refuse tout argent public.
Par exemple, sur les trois élections de l’année dernière, Moma a participé uniquement aux municipales. M Bokros a obtenu 36 % au premier tour sur Budapest. Pour le second tour il a obtenu le soutien de 2 partis mais le MZsP sui l’a supporté au niveau local l’a discrédité au niveau national. Il suspecte le Fidesz d’avoir créé une division via des financements de certaines personnalités du MZsP.
De plus les participations sont très basses pour les municipales (moins de 40 %) car il n’y a pas assez de pouvoirs pour les municipalités et pas assez de moyens fiscaux.
Un autre exemple est le MLP, parti originairement d’opposition, qui s’est divisé et dont une partie est aujourd’hui sous la coupe du Fidesz.
Le financement des partis n’est pas transparent et beaucoup sont corrompus.
Cela constitue de nouvelles méthodes de fraudes électorales élaborées par le Fidesz.

Le combat s’annonce dur d’autant plus que l’économie financière hongroise se porte très bien par l’arrivée de devises extérieures, des taux très bas… L’emprunt public est simple et la Hongrie n’a pas de risque de crises économiques en ce moment.
Mais de plus en plus de personnes commencent à vouloir faire sortir le gouvernement, notamment avec la montée de l’arrogance de ce dernier et des mesures brutales prisent ces derniers temps, pas forcément compréhensibles.
M. Orbàn est de plus en plus arrogant et devient donc de plus en plus franc et sur de lui à ses dépends. Un exemple typique est la visite de Mme Merkel. Durant la conférence de presse, Orbàn a menti sur l’Europe devant Mme Merkel qui a pu en direct rétablir la vérité devant la presse locale et internationale.

On peut aider en disant la vérité en France.

Les fondateurs de l’UE n’ont jamais pensé que des pays intégrant l’EU peuvent voir leur démocratie périr.

Nous lui avons posé une question sur la place du Fidesz au sein de l’EPP au sein du parlement européen. Le parti d’Orbàn est assez isolé. Cela a particulièrement été remarque avec le vote du rapport Tavares voté avec des voix EPP qui ont donc été convaincu sur la nature du pouvoir hongrois. Mais le Fidesz ne sort pas de l’EPP car ce dernier a besoin des votes du parti hongrois.

Nous lui avons posé une dernière question sur la mobilisation civile. Lajos Bokros ne voit pas vraiment de structuration d’opposition civile. Les dirigeants des partis disent que c’est anti-démocratique d’être contre les partis mais le fait de se regrouper pour défendre des droits est un acte démocratique. Il espère voir également les jeunes se révolter pour leurs droits civiques. Hélas pour lui, les mouvements civiques hongrois s’arrêtent rapidement car ils sont trop impatients et ne voient pas de suite les retours de leur combat.

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